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A ZAOUWJA IN MARRAKECHA zaouwja is a multifunctional sanctuary, so also a place for psychiatric healthcare in the form of exorcism practised by chorfa (sing. cherif, a descendant of the prophet Mohammed).Modern local psychiatrists affirm and approve the effectiveness of this kind of treatment, special for the cases where they are powerless. Exorcism & ecstasy in Moroccan Islam are based on the practices of the various sufi-brotherhood's:
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Article about this session in a Moroccan Newspaper - in clear arabic here: / for translation here:
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Women in the zauwya waiting for a treatment
At the bottom of this page: the story in French and in Arabic about this séance / Click here...! En bas de la page: description de la séance photographiée en langue française et en arabe Article in arabic by My Yassine about this event For a translation in french click here |
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In the
health-center the name of the leader of the ritual is “malik jenoun” = "the king of the
spirits".
The two men are 'chorfa' (sing. 'cherif') = descendants of the Prophet Mohamed. |
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There exist good and bad spirits. The essence of the healing is to exorcise the bad spirits and to replace them by good spirits The cherif controlling the patients |
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patients who are posessed by spirits cry and roll over the floor |
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a lady is got in trance – the spirit who possesses her is speaking words with a strange voice |
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Many spirits speak foreign languages. The reason mentioned is, that they live also in western countries and travel.
The women speak this languages although they are uneducated and have never learned any foreign language. Remember the feast of Whitsun.
Simple treatment happens by means of a hot iron that was heated in the misjmar (oven) - right above

Tortured by the spirits and devils…!!!




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S.v.p. votre message: Chapitre d’un livre de ma main sur Marrakech et sur la séance photographiée Partie de mon livre - présent sur ce site: Une amitié interdite au Maroc: Du socialisme à l'islamisme, la lutte d'un soufi contre la corruption. (malheureusement, je n’ai pas trouvé un éditeur pour ce livre - qui m'aide à publier ce livre?) Samedi après-midi. Moulay Yassine est venu me chercher pour que nous allions ensemble à la zawiya. Je l'accompagnais, assis sur le porte-bagages de son vélomoteur. Avant d'entrer dans la zawiya, Yassine met sur sa poitrine une grande plaque jaune de journaliste. Entré à l'intérieur, il me présente au responsable comme son collègue journaliste et son photographe. Yassine tient beaucoup aux formalités. Quand il se passe quelque chose, par exemple, un accident dans la rue, Yassine met aussi cette plaque, afin de montrer à la police qu'il agit revêtu d'une position officielle, et qu'il doit être respecté. Nous nous sommes retrouvés, à l'intérieur de la zawiya, dans une grande maison marocaine de deux étages, toute décorée de pierres et de glaçure, et ayant en son milieu une grande cour à ciel ouvert. Tout autour se trouvent des salles, remplies de femmes bavardes, qui attendaient leur traitement du responsable, du «fkhi», de l'enseignant coranique qui revêt ici une fonction appelée la fonction de «malik jenoun», de roi des esprits. Cela veut dire qu'il est celui qui commande et qui parle aux esprits des possédés afin d'invoquer leur guérison. D'abord, nous montons au premier étage, où Yassine commence à mener une conversation avec les deux cheikhs qui paraissent gérer les affaires de la zawiya. Le but caché de la discussion était de nous procurer l'autorisation de photographier le fkhi au travail, ce qui est délicat. Ce genre de traitement des malades n'est en effet pas considéré par l'islam orthodoxe comme une thérapeutique correcte. Ce traitement n'est pas strictement interdit, il est plutôt toléré en tant qu'habitude ancienne, mais les autorités peuvent intervenir. C'était là une des raisons pour lesquelles Yassine, le rusé, mettait toute son autorité de journaliste en jeu, avec sa grande plaque jaune sur sa poitrine, pour faciliter le débat. Il persuadait les cheikhs de l'innocence de son entreprise, il affirmait n'avoir aucune intention de scandale. Au contraire, des journalistes évolués comme lui prenaient au sérieux leurs rites exorcistes. Finalement, les cheikhs se déclarèrent d'accord. Yassine contrôla d'abord avec le cheikh tout le manuscrit de son arbre généalogique, à partir du khalife Ali jusqu'à ses parents récents. Il s'agissait d'un vieux document sur papier timbré, contrôlé et vérifié par le bureau officiel de généalogie des chérifs. Yassine expliqua à son tour l'origine de sa propre ascendance, qui était le prophète, ce qui créait une ambiance de confiance. Après avoir discuté et bu du thé, nous sommes descendus vers le rez-de-chaussée, où nous attendait dans la cour ouverte le spectacle des femmes, vêtues de jolis caftans de toutes les couleurs. Ces femmes possédées par les esprits se roulaient sur le sol, couvert d'une mosaïque de beaux pavés de terre cuite, revêtus de glaçure. Les femmes criaient, pleuraient, écumaient sauvagement. Le roi des jenoun en jellèba blanche commença son travail. Il se mit debout au-dessus d'une des femmes, qui était couchée sur le sol. Le cheikh écarta ses jambes et la regarda dans les yeux. Puis, il évoqua les esprits qui le connaissent déjà. Les esprits lui répondent. Alors, le cheikh commence sa conversation avec eux pour leur interdire l'habitation de ce corps humain. Yassine me raconte qu'il y a toute sorte d'esprits, il y en a même de différents nationalités, il y en a qui parlent des langues étrangères, même des langues européennes. Ce dernier fait est bizarre, parce que ces femmes n'ont appris que leur langue maternelle, elles ne parlent que l'arabe dialectal ou le berbère. L'esprit de possession, le yin, jetait parfois la femme qui se trouvait sous son influence, avec un coup violent, contre le sol dallé, ce qui ne me semble pas sans danger. Pendant ce temps, moi, je faisais les photos, nous en avions obtenu l'autorisation après cette longue discussion pendant laquelle Yassine a prouvé son savoir-faire professionnel. Tandis que je prenais des photos, Yassine enregistrait au magnétophone les discussions du cheikh avec les esprits. Le cheikh s'informait d'abord de la raison de la présence des jenoun dans ces femmes, et s'efforçait de régler leurs affaires de squatters de ces corps, afin qu'ils cessent leur occupation illégale. Pour exécuter son métier d'exorciste, il utilisait aussi un tisonnier qu'il chauffait à blanc dans un feu de charbon. Lui-même était immunisé contre la chaleur, il nous le montra en léchant le tisonnier chauffé à blanc. Avec cet instrument, il prodigue aux femmes un traitement qui chasse l'ensorcellement magique dont elles sont victimes. Il repasse avec le fer brûlant sur leurs bras comme sur leurs jambes. Les salles en bas étaient remplies d'une trentaine de femmes. Je prenais aussi des photos du haut d'une galerie, ce qui permettait d'avoir une vue d'ensemble sur le rituel. Yassine se montrait excité, c'était pour lui aussi la première fois qu'il assistait de très près à cet exorcisme des esprits, qui sont pour lui une réalité indéniable. Avant de m'emmener, il m'avait demandé si je croyais véritablement à l'existence des esprits. Il attendait de moi une réponse positive, la présence d'un incroyant l'aurait gêné. Je lui ai répondu qu'un ami juif, professeur d'université en parapsychologie, et qui se considérait lui-même comme la réincarnation de Salomon, le Suleiman du Coran, le maître des esprits par excellence, m'avait expliqué leurs secrets. Cela le rassura. Je ne nuirais pas à la séance. Après la séance, nous bûmes de nouveau du thé avec les deux cheikhs. L'un des cheikhs contrôla si l'un ou l'autre de nous deux était victime d'ensorcellement magique éventuel. Chez moi, il ne pouvait rien constater. Mais Yassine, au contraire, paraît ensorcelé: une femme amoureuse de lui l'avait filé dans son cocon magique. Afin de le constater, le cheikh mesura avec une corde la longueur des doigts. Il compara cette longueur avec celle de la face interne du bras, mesurée en remontant jusqu'au coude. Il frappa sur le doigt majeur de Yassine, et conclut finalement à une possession. Il offrit à Yassine un traitement qui pourrait le guérir. Avec le tisonnier rougi, il le frappa prudemment sur ses jambes dénudées, sur ses bras, sur sa tête, sur sa poitrine et sur son dos. Il fallut que Yassine se dénude la poitrine, ce qui le gênait, car il souffre d'un sentiment de pudeur, d'un hchouma exagéré. Même à la plage, il n'enlève pas sa chemise. Moi, je continuais mon métier de photographe et faisais des clichés du rituel, ce qui mit Yassine en colère. Il ne faut pas que j'oublie que lui éprouve ces rites et ses possessions comme des réalités à la fois très délicates et menaçantes, conception qu'il m'est impossible de partager. Son ensorcellement magique par une femme amoureuse de lui, me montrait une fois de plus comment les Marocains, les hommes, et plus encore, les femmes, éprouvent les relations avec le sexe opposé. L'amour que quelqu'un d'autre vous porte n'est pas une pure affaire de sentiments, une affaire strictement personnelle, mais c'est un amour menacé par des maux causés par la volonté amoureuse d'autrui. C'est pourquoi Yassine a constamment peur d'un «amour possessif», dont il me soupçonne aussi. Les évolués de Casa et de Rabat veulent toujours nous faire croire qu'il se distancient de cette espèce de croyances qui, selon eux, seraient primitives. Les chercheurs universitaires occidentaux sont déjà a priori indignés de trouver pareils primitivismes chez leurs collègues. Ils ne veulent donc aucunement mettre en doute les confessions publiques de modernité. Ces Occidentaux trouvent honteux de soupçonner leurs collègues de pareilles croyances et ils nient qu'elles existent. Pourtant si on a, comme moi, le courage d'interroger les Marocains sérieusement et sans préjugé, on obtient de résultats différents... La condition préalable, c'est qu'on ne se présente pas au départ comme le défenseur du discours de la modernité, mais qu'on se montre ouvert à la possibilité qu'il se passe «more things between heaven and earth than are dreamt of in your philosophy». Alors dans ce cas, on découvrira souvent que ces évolués modernes estiment eux aussi que les relations humaines sont imprégnées des dangers de la magie. Lorsque j'ai interrogé, à Amsterdam, deux étudiants de Casa, ils m'ont confessé que c'est justement en temps de crise économique qu'on substitue, pour attirer l'attention de l'autre, la menace constituée par les moyens magiques à l'emploi des moyens matériels. Au fond, ils ont peur des relations avec les filles en raison de ces liaisons magiques. Ils ont d'ailleurs eu l'occasion de vérifier que leurs soupçons à ce propos étaient fondés. Ce qui m'explique les raisons pour lesquelles la relation, ici, entre hommes et femmes, est plus compliquée qu'on ne le pense en Occident. En Europe, on juge ces phénomènes de façon beaucoup trop rapide et beaucoup trop superficielle, en invoquant des préjugés dont on n'est pas même conscient. Il serait ridicule et insensé de faire d'une personne comme Yassine, qui m'a confessé ces croyances ouvertement, un être dont la mentalité s'appréhenderait dans le champ religieux de la superstition et du fanatisme. Sans mon enquête personnelle acharnée, sans cette amitié qui me permet de l'assister dans sa recherche, Yassine apparaîtrait comme apparaissent les autres, moderne et évolué. Il serait donc faux de juger que Yassine appartiendrait à un groupe marginal de soi-disant primitifs. Quelques semaines plus tard, l'article que Yassine avait écrit sur notre visite à la zawiya, est paru dans son journal: L'exorciste des esprits par O. C. My Lyassine, rédaction et photographie. L'appareil photo de notre journal explore un monde mystérieux dans l'une des zawiyas de la ville de Marrakech, la ville des sept saints, le château des mythes et des trésors. Il s'agit d'un monde exploré pour la première fois par la presse nationale. Notre journal a transmis à ses lecteurs, à travers les photos, les descriptions des situations d'exorcismes que l'Occident appelle parapsychologie. Nous présentons une description détaillée de ce monde resté jusqu'à ce jour, incompris des penseurs arabes. La magie, la sorcellerie et l'exorcisme. Depuis que la revue Les Musulmans est parue, elle a publié chaque semaine un reportage détaillé sur le monde des esprits, la magie et les fantômes. Cette revue a choisi le Maroc pour fournir un premier exemple concret à ses lecteurs. Son premier numéro contenait la première interview d'une série d'entretiens réalisés avec Farid ben Barek, l'ex-metteur en scène qui guérissait les gens possédés par des diables. Elle publiera ultérieurement, sur le même sujet, des reportages à Bahrein, au Koweit, dans les Emirats et en Egypte. J'ai constaté que malgré tous ces reportages qui contenaient suffisamment de remarques de penseurs musulmans et arabes, on a encore toujours besoin de plus d'éclaircissements sur ce sujet délicat, compliqué et incompréhensible. Je me suis proposé de répondre aux propositions de plusieurs personnes en faisant un reportage accompagné de photos sur la fameuse maladie de la possession. La carte de visite était la seule chose que je possédais au début: dans l'ancien quartier de Sidi Youssef ben Ali, nous avons pris des ruelles pour atteindre l'entrée de la zawiya de l'exorciste, le chérif el-hadjz My Fathmi. La zawiya était une sorte de grande maison traditionnelle. Plusieurs pièces étaient pleines de patients et de leurs familles, plus nombreux qu'ils ne sont dans n'importe quelle clinique médicale de la ville. Dans quelques pièces se trouvent les femmes et les filles, assises sur de grand tapis, dans d'autres pièces, se trouvent les hommes mûrs et les jeunes. Au total, il y avait plus de femmes que d'hommes. Sur les entrées d'autres pièces, fermées par des rideaux verts, figuraient les symboles des saints Bouya Omar et Bouya Rahel. Dans ces pièces se trouvaient des femmes enchaînées et d'autres non-enchaînées, soumises à une période d'enfermement ordonnée par le tribunal de la zawiya. Ce tribunal, qui tient ses séances à l'étage en dessous, est en réalité un conseil composé de diables et d'esprits. Dans la chambre d'en haut, My Fathmi a commencé à raconter son histoire et ses relations avec les esprits par ces mots: je suis le fils d'une famille de douze enfants qui sont tous morts, sauf moi, et ma famille descend de My Idriss el-Akbar, que Dieu le bénisse. Il nous a montré l'arbre généalogique avant de continuer la conversation. Il ajouta: quand j'ai atteint l'âge de la puberté, je me suis marié, puis, je suis devenu commerçant dans le quartier de Oulad al-Karn Askaschourch dans la région de Marrakech. J'avais de bons contacts avec mes parents et surtout avec ma mère. Elle me disait toujours que j'étais porteur de baraka, de bénédiction. Trois mois après sa mort, pendant mon travail, je me suis senti soudainement changer de personnalité. J'ai fermé ma boutique, et j'ai marché et voyagé dans le pays sans savoir ma destination. Je recevais des ordres de créatures qui n'étaient pas ma propre personnalité. Elles m'ont ordonné d'aller dans le mausolée de My Lahcen Ben Hossayn, et ensuite, auprès de ceux de My Brahim, de Sidi Fares, de Sidi Chamrouch, de Sidi Rahal, de Bouia Omar, de Bouia Ahmed, de My Saleh, de Sidi Bouabd el-Haq au Kala'a et d'el-Hadi Ben el-Aïssa à Meknès. Et revenu à Khemisset, je rendis encore visite à de nombreux marabouts. Et tous ces voyages, je les ai faits à pied, parce que les esprits ne m'avaient pas autorisé à utiliser d'autres moyens de transport. Je recevais chaque fois un repas de quelqu'un dans le quartier où j'arrivais, sans le demander, comme si j'avais eu un rendez-vous avec cette personne. Tout se passait d'une manière précise et bien organisée. Une fois arrivé au mausolée, selon la coutume, j'ai offert un cadeau. Plus tard, les esprits m'ont autorisé à utiliser les moyens de transport. Revenu à Marrakech, je me suis rendu dans les mausolées de nos sept saints. Et en me promenant dans la ville, je passais devant cette maison-ci. J'ai senti qu'elle exerçait une forte attraction sur moi, et j'ai décidé de l'acheter. Pendant la nuit, j'ai eu un rêve au cours duquel j'ai vu Bouia Omar, l'exorciste, qui me demandait de vivre correctement et spirituellement, car on allait m'offrir le contrôle sur les esprits qui possèdent les gens. Et si je ne me tenais pas au vœu que j'aurais fait, les esprits me puniraient. Depuis ce jour-là, la zawiya est continuellement remplie de patients qui viennent me consulter. Je traite mes patients en me mettant en contact avec les esprits. Il faut que je recueille des informations sur les esprits, à savoir leur nom, leur âge, leur nationalité, et la période pendant laquelle ils ont possédé la personne du malade. Il faut que je négocie chaque fois avec eux les conditions auxquelles ils veulent quitter la personne. Pour cela, j'utilise des connaissances spéciales afin que l'esprit me réponde à travers le patient. Il faut mentionner à cet égard que l'utilisation de cette terminologie provient d'une tradition historique de la culture soufie. Par exemple, les soufis désignent le corps humain comme étant une planche de bois. Pour eux, l'âme constitue la raison d'être, et le corps n'est pour elle qu'un cadre. On retrouve dans le Coran une description analytique des personnes qui ne respectent pas la doctrine religieuse: Dieu les décrit comme des gens qui se vantent de leur corps, mais quand on leur parle, il s'avère qu'ils sont «des bois vides». Cela signifie qu'ils sont vidés de l'élément de vie, qui est à fois âme et vie spirituelle. La grande salle de la zawiya était pleine de différentes sortes de patients de tous âges. Leurs cris, dans la grande salle, se mêlaient, et on observait une grande peur sur leurs visages. Parmi les femmes, il y en avait quelques-unes qui répondaient aux questions du chérif. L'une d'entre elles était possédée par un esprit qui ne dépendait pas d'une autorité spécifique. Ce dernier s'est adressé au chérif, et lui a dit qu'il s'était révolté contre toutes les normes et tous les rituels, et sans la présence de la baraka du chérif, il aurait dû «mettre le bois en feu», c'est-à-dire tuer la jeune femme elle-même et détruire complètement la maison. Le yin a mentionné la condition qu'il posait pour quitter le corps de la jeune femme: il fallait faire le sacrifice d'un mouton blanc sans aucune tâche noire. Dans le cas d'une autre patiente, qui venait de la région d'Ait Ourir, nous avons entendu le dialogue du chérif avec un esprit juif, qui parlait avec un lourd accent hébreux et qui disait qu'il avait possédé la patiente à cause du chagrin qu'avait la jeune fille. Le crachat du chérif était suffisant pour interroger l'esprit, et le forcer à faire ses confessions, car l'esprit souffrait de la force de la baraka du chérif. Il commençait à crier à travers la voix de la patiente, comme s'il bougeait brutalement dans le corps de la jeune fille, sans qu'elle en aie conscience. Il y avait pas mal de patients vieux et faibles, qui produisaient des mouvements et des réactions plus forts que ne l'autorisaient en principe leurs capacités corporelles. Après le diagnostic élaboré à partir de l'interrogation de l'esprit, le chérif commençait son traitement et réalisait une recette. Il prenait le petit four, le michmar, plein de charbon brûlant, dans lequel se trouvaient deux pinces de fer chauffées à blanc. D'abord, il passait ses deux pinces sur sa propre langue. Puis il traitait avec cet instrument les malades, qui ont déclaré ensuite n'avoir ressenti aucune douleur. En réponse à mes questions sur ce point, le chérif m'a expliqué que grâce à sa baraka, le corps n'est jamais brûlé pendant cette opération, car c'est l'esprit qui est brûlé, pas le corps humain. Les esprits interrogés n'étaient pas tous les mêmes, ni par l'âge, ni par la durée de possession. Quelques-uns de ces esprits ont même amené toute leur famille pour habiter ensemble dans le corps du patient. J'ai dû constater que ceux qui ont résidé pendant une longue période dans le corps de leurs victimes ont été difficiles à faire partir. On observe à cet égard que ses esprits-là ressemblent beaucoup aux actuels locataires de maisons au Maroc, qui, eux aussi, sont difficiles à expulser. Il me semble donc que ces esprits sont au courant de notre crise du logement. Un phénomène très bizarre, qui va certainement attirer l'attention de nos lecteurs comme de ceux qui sont intéressés par ce monde particulier, c'est la possession par des esprits non-musulmans et non-arabes des corps de certains malades. Le chérif a confirmé qu'une de ses patientes était possédée par trois esprits européens, de nationalités espagnole, française et anglaise. Pendant le traitement de ce dernier cas, le chérif a interpellé les trois esprits qui s'exprimaient dans des langues européennes. Je lui ai demandé si la patiente avait, au cours de sa scolarité, appris ces langues étrangères. La mère de la jeune fille, comme les autres membres de sa famille, qui étaient présents, m'ont confirmé que la jeune fille était analphabète. Et après qu'elle a eu repris conscience, elle ne pouvait rien se rappeler de ce qu'elle avait dit. Le chérif distribuait comme médicament des portions de sel, que les patients doivent avaler avant chaque repas. En outre, il écrit des formules magiques sur des morceaux de papiers que les patients doivent mettre dans l'eau avant de se baigner. Il est également nécessaire de revenir à la zawiya consulter le chérif, afin d'obtenir une guérison définitive. J'ai remarqué qu'il y avait là-bas des gens venant de toutes les régions du pays, accompagnés de leurs enfants. Je suis sûr que le chérif s'occupait de tous les frais liés au séjour de ses patients. Ils n'ont rien à payer, même pas pour l'alimentation. Et il y avait un bain qui était gratuitement à leur disposition. Le chérif n'obligeait pas les gens à donner une rétribution. Pourtant, tout le monde contribuait, en mettant une certaine somme dans le qob, dans le capuchon de sa jellèba, sans que le chérif sache le montant offert. Le chérif m'a expliqué que ses traitements étant seulement spirituels, n'avaient d'autre but que la grâce de Dieu. Dans mes conversations avec les anciens patients maintenant guéris, de même qu'avec les membres de leurs familles, ils m'ont raconté les douloureuses expériences qu'ils avaient eues avec les médecins diplômés, ainsi que dans les clinique psychiatriques, où leur situation s'était aggravée jusqu'au moment où ils avaient découvert la zawiya du chérif, où ils ont pu guérir. Il y avait surtout, parmi les cas présents, des gens qui avaient été traités auparavant en tant que malades cardiaques ou de malades psychiquement atteints, tandis qu'il apparaissait plus tard qu'ils avaient été possédés par des esprits. Le chérif m'a donné comme commentaire sur les histoires de ses patients, qu'il s'était spécialisé dans les maladies de possession, et non pas dans le traitement des maladies dont s'occupe la médecine moderne. Parmi ces esprits, - qui ont la capacité de se masquer sous différentes identités -, il y a des bons et des mauvais. Le chérif regrette le fait que des malades possédés aillent dans des cliniques psychiatriques, qui veulent les guérir avec des tranquillisants, ce qui provoque des douleurs d'estomac et ce qui les plonge dans une détresse nerveuse. Le séjour à l'hôpital n'est d'ailleurs pas lui non plus étranger à cette détresse nerveuse. Tout cela aboutit finalement à l'aggravation de l'état de santé du malade possédé, car les esprits ne supportent pas les médicaments, ni les matières chimiques. Le chérif m'a exprimé son désir de la mise en place d'une collaboration entre les institutions médicales modernes et les guérisseurs spirituels. Cela pourrait se passer par la reconnaissance administrative des foqaha et des guérisseurs des zawiyas. Ils seraient autorisés à contacter les médecins, afin d'échanger avec eux des informations sur les malades, selon leurs spécialités respectives. Le chérif souhaite en outre que les guérisseurs spirituels soient autorisés à fournir des attestations médicales aux gens qui les consultent, en raison surtout du fait que la guérison spirituelle s'est avérée un fait réel qu'on ne peut nier. A Marrakech, les deux tiers des malades consultent les zawiyas, se rendent dans les mausolées des saints, ou vont chez les foqaha, et trouvent ainsi la guérison. Déjà un grand nombre de médecins privés envoient leurs patients chez ce chérif-ci, lorsqu'ils découvrent que leurs patients sont possédés. Lorsque je demandai si la guérison spirituelle est en relation avec la sorcellerie et le mythe, et si la clientèle de ces zawiyas sont originaires d'une catégorie sociale de gens moins conscients et moins cultivés, le chérif m'a expliqué que les gens peuvent essayer diverses méthodes de guérison, pour autant qu'elles ne sont pas en conflit avec le Coran et la Charî`a, la loi islamique. Le chérif m'explique aussi que les gens qui le consultent, viennent de différentes classes sociales, ainsi que de différents métiers, parce que les esprits ne tiennent pas compte du fait de la culture des individus. Et il ajoute: la sorcellerie et les esprits sont des réalités mentionnées dans le Coran comme dans la Sounna, la tradition du prophète. Le doute et la négation de ces deux phénomènes ne sont pas ordonnés par la religion. Il me reste encore à parler de l'épouse de monsieur My el-Fathmi, Aischa, qui a son tour, est capable d'exorciser les esprits. Son mari confirme que sa femme possède l'autorité sur dix mille esprits. Elle aide son mari dans les tâches quotidiennes et soigne les malades. Son mari ajoute également que leur mariage n'était pas arrivé par accident et que tout a été réglé dans le monde spirituel avec une grande précision. Commentaire du correspondant O. C. Ces sujets peuvent être traités de deux manières. Premièrement: le côté spirituel est un côté indubitable de la personnalité humaine, rien ne permet d'en douter. Les sciences occidentales, notamment les sciences humaines, et en particulier la psychologie, quelle qu'en soit la tendance (analytique, behavioriste, expérimentale ou psychanalytique) reconnaissent l'existence de ce côté fort de la personnalité humaine, qui est aussi le plus compliqué. La preuve en est la parution de milliers de livres comme d'articles sur ce sujet. Chacun essaie de présenter ses idées dans ce domaine. La prise au sérieux de ces phénomènes est encore vérifiée par la fondation de l'institut Word pour les études spirituelles de phénomènes dits paranormaux. Cet institut s'est spécialisé dans les études des maladies de possession, et dans la confusion de la personnalité humaine avec une personnalité non-humaine, comme c'est la cas lorsqu'une âme d'un mort se réincarne dans le corps d'un contemporain. En Europe et en Amérique, il y a des centaines des guérisseurs qui s'occupent des phénomènes paranormaux et qui sont voyants. Cette science s'appelle la parapsychologie, et constitue une science indépendante. Deuxièmement, chez nous, au Maroc, on se pose davantage de questions sur le monde des esprits que les Occidentaux. Eux, n'essaient de trouver des réponses que par des expériences de laboratoire. Mais à nous, musulmans, Dieu parle de l'âme comme d'un domaine appartenant à la connaissance spirituelle, alors que la connaissance de l'homme par l'intermédiaire de la science restera limitée. Le prophète mentionne lui aussi l'existence des esprits, ainsi que leur hiérarchie, dans un de ces récits: «les âmes sont des soldats engagés, dont ceux qui se connaissent s'habituent les uns aux autres. Et les autres qui ne se connaissent pas, se combattent». Le prophète ajoute qu'après la mort des corps, les âmes habitent dans une espèce de rayon de miel. Les âmes après la mort n'ont pas toutes le même niveau de confort, selon la nature des actes commis par l'être humain dans sa vie terrestre. Les âmes resteront là-bas jusqu'au jour du dernier jugement. En ce qui concerne les esprits, beaucoup de preuves de leur existence se trouvent exposées par le Coran. Pensons par exemple à la sourate sur le jinn, sur l'esprit. Dieu s'adresse toujours dans le Coran à l'homme et aux esprits, comme à deux réalités de même niveau. C'est le cas, par exemple, dans le verset suivant: «vous, le groupe des esprits et des humains...». Le prophète nous a enseigné des versets du Coran et des prières spécifiques pour éviter le mal des esprits et ceux du mauvais œil, ainsi que de la jalousie. A partir de ces deux suppositions s'affirme la vérité que nous partageons la vie sur cette planète avec d'autres créatures invisibles et des nations inconnues, comme celles des esprits et des anges. Et parmi les esprits, on trouve plusieurs espèces qui ne sont pas toutes de même niveau, quelques-uns sont croyants, et d'autres sont incroyants. Parmi aux, le plus grand des méchants est Iblis. Nous retrouvons dans le monde humain des exemples de gens qui ont hérité de la connaissance et de la sagesse de ces secrets. Dieu leur a donné parfois des moyens incroyables pour maîtriser la matière et manipuler certaines choses de façon très spéciale. Ce phénomène s'appelle d'après les oulémas, les dons des saints, ce qui est comparable aux miracles des prophètes. On retrouve dans la littérature et l'histoire musulmanes beaucoup de récits sur les soufis dotés d'une pareille puissance spirituelle. Ils influencent ce qui se passe dans notre monde. On peut se référer à Dieu: «L'homme, que j'ai créé, tendra toujours à s'approcher de moi à travers les prières et les bonnes conduites, jusqu'à ce que je devienne son œil par lequel il regarde, son oreille par laquelle il écoute, sa main par laquelle il prend les choses, et son pied qui marche». D'une façon générale, l'homme possède beaucoup de moyens, et de moyens incroyables, lorsqu'il est capable de les utiliser: s'il s'est suffisamment entraîné par l'exercice spirituel de ses talents, il peut atteindre un haut degré de créativité. C'est pourquoi les sciences sociales doivent élargir leur domaine, surtout au niveau de la psychologie. L'Occident qui prétend maîtriser l'évolution de la civilisation, est quotidiennement confronté aux vérités spirituelles, vérités qui défient ses moyens de recherches et d'analyse. La télépathie des idées ne me semble plus un sujet de discussion, mais une chose prouvée. Il est important de remarquer qu'un des premiers à avoir attiré l'attention sur ce sujet a été le docteur Alexis Carell, dans son ouvrage, l'homme, cet inconnu. Ces phénomènes humains sont des phénomènes, qui, tout en étant en relation avec l'homme, sont indépendants du temps et de l'espace, et qui, par conséquent, touchent au domaine du sacré. Pour cette raison, il faut leur accorder davantage d'attention. Reportage et réalisation: O. C. My Lyassine. Photographie: Adouci Asana Ibrahim. *** Commentaire du dr. Ron Haleber: A première vue, il nous semble bizarre qu'un traitement médical alternatif auquel ont recours les deux tiers des patients atteints de maladies nerveuses, soit abordé, - c'est tout au moins ce qui nous est dit - pour la première fois dans un journal marocain. Au Maroc, comme le prouve l'introduction rédactionnelle de cet article, on ne discute pas ouvertement des guérisseurs. Chez nous également, si j'en crois ma propre expérience, les immigrés réagissent de façon très ambiguë sur un tel sujet. Pourquoi cette confusion et ce désarroi devant «un monde exploré pour la première fois par la presse nationale»? Ajoutons, entre parenthèses, que ce «monde mystérieux» n'est pas exploré par «l'appareil photo de notre journal», comme en fait faussement état la rédaction, mais au contraire par l'appareil et par les yeux d'un non-musulman, le dr. Ron Haleber... Le nom du photographe cité par la revue m'est d'ailleurs totalement inconnu. Il me semble que ce silence et ce tabou marocains sont dus à deux facteurs. D'abord, il s'agit d'un phénomène qui touche la religion, qui est un véritable champ de mines aussi bien pour la discussion publique que pour la discussion privée, domaine délicat, sujet qui ne peut être débattu en raison des certitudes révélées par le Coran. Pour inclure dans notre domaine d'intelligibilité les phénomènes dits en Europe paranormaux et considérés au Maroc comme faisant partie intégrante du quotidien, il faut avoir une volonté audacieuse d'interprétation, l'interprétation de tout ce qui touche au religieux étant encore actuellement monopolisée par la caste officielle des oulémas. On touche au discours religieux officiel. Cette ambiguïté se retrouve dans l'article: au lieu du terme arabe de «sorcellerie», on a utilisé le terme de «prestidigitation», qui présuppose tricherie et escroquerie. C'est là une concession que Yassine a dû accepter de la rédaction... La façon dont Yassine rend public ce discours populaire courant et dominant, pourtant suspect à l'islam officiel ainsi qu'à l'islam contestataire des islamistes, est tout à fait surprenante. Yassine sépare nettement, d'une part, les informations qu'il recueille et note sur le champ, les choses vues, les commentaires des cheikhs et des patients, et d'autre part, son propre commentaire et l'explication théologique qu'il propose. Son propre commentaire, trop abrégé, selon Yassine, par la rédaction de son journal, prend comme point de départ une conception soufiste de la religion musulmane. Yassine part de l'existence d'un domaine spirituel de vérité et de réalité divine (el-Haq), auquel les êtres humains peuvent participer s'ils s'adonnent à des exercices spirituels selon les méthodes prescrites par des soufis. Le niveau du divin n'est donc pas impénétrable aux êtres humains, qui participent à ce privilège avec leurs co-habitants sur cette terre, les êtres créés de feu et de lumière, les anges et les esprits. Proposition qui fera d'ailleurs horreur à ses amis salafistes et wahhabites, qui se détournent, au moins en public, de ces guérisons magiques. Ce discours soufiste met d'ailleurs aussi en jeu, implicitement, la valeur même du discours de l'islam officiel. C'est pourquoi Yassine critique, de fait, tant l'hypocrisie généralisée du discours officiel que la réduction du discours de l'islamisme contestataire, qui l'un et l'autre rejettent les guérison magiques. En tant que musulman appartenant aux couches populaires, Yassine a des rapports également tendus avec ces deux discours. Par sa solidarité inconditionnelle avec les pauvres de son peuple et leur discours religieux, basé sur des traditions millénaires, Yassine, s'opposant en cela à l'islamisme courant, se montre le défenseur militant de ces pratiques, qui sont jugées, en dehors du discours soufiste, superstitieuses et primitives... Impertinent et sérieux, Yassine demande même leur reconnaissance administrative par l'Etat, exigence inouïe et révoltante, parce qu'elle met en doute le bon droit du discours public imposé. L'islam officiel des oulémas, tout comme l'islam des salafistes et des wahhabites, l'islamisme, s'oriente en principe vers le discours moderniste occidental, soi-disant scientifique. Pourtant, Yassine montre, souvent avec humour, comment ces discours s'affrontent. Dans un pays où les arguments révélés par Dieu possèdent selon la constitution de l'Etat, autant de valeur que les arguments rationnels, Yassine place au même niveau ces deux séries d'arguments, ce qui me surprend. Finalement, l'intention primordiale de Yassine, est, comme je viens de le dire, de défendre le bon droit du discours populaire de ses pauvres, pour lesquels il s'épuise et lutte quotidiennement. L'intention émancipatrice du discours moderniste des orientalistes occidentaux est, dans ses grandes lignes, celle de l'élite éclairée, mais restreinte, des grandes villes. Comparée à la démarche de Yassine, le discours moderniste des élites marocaines paraît être une entreprise inadaptée aux réalités sociales. La mission civilisatrice de ces missionnaires ne s'apparente-t-elle pas trop aux efforts colonisateurs du passé...? En prenant le discours populaire, qui depuis Al-Hallâj et Ibn Arabi a survécu aux siècles, comme point de départ d'un discours de changement social, Yassine n'adopte-t-il pas une démarche très originale...? Il me semble que c'est là l'une des raisons qui explique pourquoi les autorités voient en Yassine un homme dangereux, et pourquoi il est placé sous le contrôle des services gouvernementaux... Article by My Yassine about this session in a Moroccan Newspaper - in two parts
Second part of the article (for translation see here):
© Photo’s et textes: Ron Haleber 2002-04
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